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Peinture // Itzhak Goldberg // 2016

C'était probablement inévitable. Depuis longtemps, Gilles Teboul a annoncé qu'il cherchait à mettre à distance le geste du peintre, en procédant par retrait, par soustraction, par ce qu'il nommait le "non geste". En effaçant, en raclant une partie de la matière qui recouvrait ses toiles, il faisait remonter sur la surface le dessous de la peinture.

Avec ses peintures récentes, il va jusqu'à abolir toute implication gestuelle de l'artiste dans la production. Les tableaux, de taille réduite, sont posés à plat en équilibre sur des calles. Teboul verse la peinture qui se répand sur la toile, sans qu'il intervienne dans son étalement. Ainsi, la part du créateur dans la fabrication est extrêmement réduite, et l'œuvre est presque donnée tout entière dans l'instant même de sa conception. L'artiste est en effet dépossédé de ses actions et mis à distance de ses réalisations. Autrement dit, l'acte physique de la peinture cède la place à un procédé où la couleur dans la plus pure tradition acheiropoïète se couche d'elle-même sur la toile. Ce terme grec, qui veut dire non fait de main d'homme, miraculeusement.
Miracle, car d'habitude, toute œuvre est un artefact dont on peut faire la genèse à travers l'étude des stades intermédiaires, des esquisses, des dessins préparatoires, de tout un travail trait par trait qui la désigne comme production humaine.
Or ici, c'est quand le liant acrylique opaque employé par Teboul est fixé définitivement que l'image surgit et se révèle, sans dévoiler les secrets de sa production.
Monochromes ? En apparence seulement, car l'œil, captivé, découvre toute la richesse des tonalités qui vibrent sous ces surfaces. Translucides, les toiles fonctionnent comme un miroir aquatique dans lequel le spectateur voit émerger son double.
Rassurons nous toutefois, Teboul n'est ni magicien, ni mystique. Peintre, il dévoile les coulisses de son travail avec une série photographique appelée Peinture, qu'il poursuit depuis plus de 15 ans. En "recyclant" son matériel usé, il le ressuscite, en quelque sorte. Les clichés de toiles emballées et pliées sont les preuves tangibles qu'un geste artistique, aussi réfléchi et distancié soit-il, prend toujours ses origines dans la matière.

C'était probablement inévitable. Depuis longtemps, Gilles Teboul a annoncé qu'il cherchait à mettre à distance le geste du peintre, en procédant par retrait, par soustraction, par ce qu'il nommait le "non geste". En effaçant, en raclant une partie de la matière qui recouvrait ses toiles, il faisait remonter sur la surface le dessous de la peinture.

Avec ses peintures récentes, il va jusqu'à abolir toute implication gestuelle de l'artiste dans la production. Les tableaux, de taille réduite, sont posés à plat en équilibre sur des calles. Teboul verse la peinture qui se répand sur la toile, sans qu'il intervienne dans son étalement. Ainsi, la part du créateur dans la fabrication est extrêmement réduite, et l'œuvre est presque donnée tout entière dans l'instant même de sa conception. L'artiste est en effet dépossédé de ses actions et mis à distance de ses réalisations. Autrement dit, l'acte physique de la peinture cède la place à un procédé où la couleur dans la plus pure tradition acheiropoïète se couche d'elle-même sur la toile. Ce terme grec, qui veut dire non fait de main d'homme, miraculeusement.
Miracle, car d'habitude, toute œuvre est un artefact dont on peut faire la genèse à travers l'étude des stades intermédiaires, des esquisses, des dessins préparatoires, de tout un travail trait par trait qui la désigne comme production humaine.
Or ici, c'est quand le liant acrylique opaque employé par Teboul est fixé définitivement que l'image surgit et se révèle, sans dévoiler les secrets de sa production.
Monochromes ? En apparence seulement, car l'œil, captivé, découvre toute la richesse des tonalités qui vibrent sous ces surfaces. Translucides, les toiles fonctionnent comme un miroir aquatique dans lequel le spectateur voit émerger son double.
Rassurons nous toutefois, Teboul n'est ni magicien, ni mystique. Peintre, il dévoile les coulisses de son travail avec une série photographique appelée Peinture, qu'il poursuit depuis plus de 15 ans. En "recyclant" son matériel usé, il le ressuscite, en quelque sorte. Les clichés de toiles emballées et pliées sont les preuves tangibles qu'un geste artistique, aussi réfléchi et distancié soit-il, prend toujours ses origines dans la matière.